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Le Petit journal, 22 novembre 1896 : La mort du lieutenant Collot

La mort du lieutenant Collot
ADY- PER 1154 1

L’armée a été largement sollicitée par et pour la colonisation. A une époque où les relations entre la république et l’institution militaire sont complexes, voire franchement mauvaises (conservatisme de l’armée, sentiment républicain peu implanté parmi l’état-major, puis Affaire Dreyfus), la colonisation est un des rares terrains d’entente entre une institution désireuse de redorer un blason terni par la défaite de 1870 et une république soucieuse d’entériner et de consolider sa politique coloniale.

La figure du soldat colon est héroïsée par la presse. Ici, il s’agit de celle du lieutenant Collot, tombé lors d’une escarmouche à Fort Miribel, en Algérie. L’illustration reprend tous les poncifs de la lutte coloniale : les barbares, forcément en horde, surarmés (sabres, armes à feu), attaquant des soldats français inférieurs en nombre mais héroïques, tombés les armes à la main. La présence d’un spahi aux pieds du lieutenant Collot vient souligner l’engagement de certaines populations locales aux côtés des colons. On remarque cependant les différences existant entre la version offerte par la gravure du Petit Journal et ce que les autorités militaires racontent du drame : "Le 31 octobre, le lieutenant Collot et quatre spahis en opérations topographiques, à 38 kilomètres nord du Fort Miribel, venaient de terminer leur sieste et allaient reprendre leurs opérations. La route, à l'endroit où ils se trouvaient, est très étroite et tracée dans une épaisse couche de sable. A droite et à gauche s'élèvent des dunes coniques, hautes de 5 à 15 mètres, qui moutonnent et s'étendent à perte de vue. Elles sont coupées par de minces défilés et recouvertes sur les flancs et par place de touffes d'alfa et de broussailles desséchées. Le champ de vision est des plus restreints. C'est là que, vers trois heures de l'après-midi, sans qu'aucun bruit suspect ait fait naître dans la petite troupe la plus légère appréhension, surgissent subitement autour d'elle une vingtaine de Chambaas dissidents. Brandissant leurs fusils et poussant des cris féroces, les bandits se précipitent sur le lieutenant Collot, et avant que le malheureux eût pu se rendre compte de l'agression, il tombait, le ventre traversé par une balle qui ressortait derrière la colonne vertébrale. En même temps, trois spahis s'abattaient mortellement atteints".


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